Très haut débit : des propositions pour faire entrer Clermont-Communauté dans le XXIè siècle
Par Jean-Pierre le vendredi 7 octobre 2011, 09:36 - General - Lien permanent
Le progrès avance, vite, très vite même. Je prendrai pour exemple le très
haut débit. A Clermont, nous ne sommes plus dans une zone blanche, mais pas
encore en zone noire (complètement équipée).
L’ADSL avait créé une première fracture, sachons prendre le virage de la
fibre.
Le très haut débit est un facteur essentiel de développement économique :
visio conférence, échanges de fichiers de plus en plus lourds, télétravail,
externalisation de serveurs, etc.
Et là se pose la question de l’intérêt commercial des opérateurs pour notre
région. Un signe ne trompe pas, ce lui de leurs différentes annonces montrant
un intérêt national très limité, de l’ordre de 27% de couverture des ménages à
l’horizon 2025. Ce pourcentage monte à 40% à l’échelle Nationale.
De leurs côtés, les collectivités Auvergnates n’ont clairement pas les moyens
financiers, à l’heure actuelle, d’atteindre un objectif de 100% de couverture
de la population en THD.
Actuellement, quelle est la situation sur Clermont-Communauté
?
En 2007, environ 170 km de fibre optique desservant les zones d’activité
économiques ont été déployées par délégation de service public concessive de
Clermont-Communauté.
A l’échelle de la région, 100% de la population est couverte par le haut-débit
grâce à la mise en place d’un partenariat public privé (orange).
Or quid de la desserte de tous les citoyens dans la métropole
Clermontoise ?
La rentabilité n’étant pas optimale, aucun montage n’est prévu.
La non présence de l’agglomération Clermontoise en zone noire est un frein à
son développement économique.
Néanmoins, il faut souligner que le schéma Directeur Territorial de
l’Aménagement numérique (SDTAN) récemment adopté (juillet 2011) et instauré par
la loi relative à la lutte contre la fracture numérique, a été approuvé par
Clermont-Co.
Compte tenu des nouveaux usages, quels sont les besoins de la
métropole Clermontoise ?
L’évolution des technologies (TV, 3D et HD par exemple) entraîne des besoins de
50 à 100 Mbps. Les réseaux ADSL ne pourront plus répondre.
Techniquement cela suppose de substituer à la boucle locale cuivre, la fibre
optique.
Le passage au THD ne pourra qu’être progressif sur au moins 20 ans et avec une
cohabitation entre le HD et le THD. Ce dernier doit rester la cible pour la
métropole Clermontoise. Le coût d’investissement estimé pour la région est
d’environ 1,5 Milliards d’euros. Hors de portée de la collectivité, en
particulier en période de restrictions budgétaires et à l’aune des mauvais
choix économiques déjà opérés.
Comment nous situons-nous par rapport à d’autres Collectivités
?
Alors qu’à Issoire nous expérimentons actuellement une couverture très haut
débit, le Conseil Général de Meurthe et Moselle et même la Corse, qui sont eux
aussi classés dans la même catégorie des zones moyennement denses, en sont déjà
à conclure des montages !
Au niveau régional, nous avons le PPP de la région pour les particuliers en
zone blanche, la DSP de Clermont-Communauté pour les entreprises en zone grise
et cette expérimentation avec un pilotage régional visant les particuliers en
zone grise.
Proposition :
Une fois cette expérimentation Issoirienne terminée, avec un véritable montage
à la clef, il conviendra de créer une structure ad hoc de type Société
d’Economie Mixte (SEM) ou Société Publique Locale (SPL) qui gèreront
en partenariat étroit avec les opérateurs privés, les montages HD et THD en
Auvergne. Avantages : établissement de liens ténus avec le secteur privé,
dynamisme et clarté, on évite le mille-feuilles territorial. L’exemple parfait
de cela ce sont les technopôles de Castres, Mazamet et de Pau.
La situation actuelle n’est pas pérenne, le schéma directeur territorial
d’aménagement numérique n’est pas une fin en soi. Il conviendrait de fixer un
cadre général, c’est-à-dire mettre en place une architecture informationnelle
qui collecte le maximum de données indispensables au développement du THD de
façon à permettre une meilleure gestion du domaine public, des travaux, de
l’urbanisme, Plan Local d’Urbanisme (PLU) numérique, etc.
Ceci se fait en Aquitaine, pourquoi pas en Auvergne ?
Il y va de l’avenir économique de la métropole Clermontoise.