Le progrès avance, vite, très vite même. Je prendrai pour exemple le très haut débit. A Clermont, nous ne sommes plus dans une zone blanche, mais pas encore en zone noire (complètement équipée).

L’ADSL avait créé une première fracture, sachons prendre le virage de la fibre.
Le très haut débit est un facteur essentiel de développement économique : visio conférence, échanges de fichiers de plus en plus lourds, télétravail, externalisation de serveurs, etc.
Et là se pose la question de l’intérêt commercial des opérateurs pour notre région. Un signe ne trompe pas, ce lui de leurs différentes annonces montrant un intérêt national très limité, de l’ordre de 27% de couverture des ménages à l’horizon 2025. Ce pourcentage monte à 40% à l’échelle Nationale.
De leurs côtés, les collectivités Auvergnates n’ont clairement pas les moyens financiers, à l’heure actuelle, d’atteindre un objectif de 100% de couverture de la population en THD.

Actuellement, quelle est la situation sur Clermont-Communauté ?
En 2007, environ 170 km de fibre optique desservant les zones d’activité économiques ont été déployées par délégation de service public concessive de Clermont-Communauté.
A l’échelle de la région, 100% de la population est couverte par le haut-débit grâce à la mise en place d’un partenariat public privé (orange).
Or quid de la desserte de tous les citoyens dans la métropole Clermontoise ?
La rentabilité n’étant pas optimale, aucun montage n’est prévu.
La non présence de l’agglomération Clermontoise en zone noire est un frein à son développement économique.
Néanmoins, il faut souligner que le schéma Directeur Territorial de l’Aménagement numérique (SDTAN) récemment adopté (juillet 2011) et instauré par la loi relative à la lutte contre la fracture numérique, a été approuvé par Clermont-Co.

Compte tenu des nouveaux usages, quels sont les besoins de la métropole Clermontoise ?
L’évolution des technologies (TV, 3D et HD par exemple) entraîne des besoins de 50 à 100 Mbps. Les réseaux ADSL ne pourront plus répondre.
Techniquement cela suppose de substituer à la boucle locale cuivre, la fibre optique.
Le passage au THD ne pourra qu’être progressif sur au moins 20 ans et avec une cohabitation entre le HD et le THD. Ce dernier doit rester la cible pour la métropole Clermontoise. Le coût d’investissement estimé pour la région est d’environ 1,5 Milliards d’euros. Hors de portée de la collectivité, en particulier en période de restrictions budgétaires et à l’aune des mauvais choix économiques déjà opérés.

Comment nous situons-nous par rapport à d’autres Collectivités ?
Alors qu’à Issoire nous expérimentons actuellement une couverture très haut débit, le Conseil Général de Meurthe et Moselle et même la Corse, qui sont eux aussi classés dans la même catégorie des zones moyennement denses, en sont déjà à conclure des montages !

Au niveau régional, nous avons le PPP de la région pour les particuliers en zone blanche, la DSP de Clermont-Communauté pour les entreprises en zone grise et cette expérimentation avec un pilotage régional visant les particuliers en zone grise.

Proposition :
Une fois cette expérimentation Issoirienne terminée, avec un véritable montage à la clef, il conviendra de créer une structure ad hoc de type Société d’Economie Mixte (SEM) ou Société Publique Locale (SPL) qui gèreront en partenariat étroit avec les opérateurs privés, les montages HD et THD en Auvergne. Avantages : établissement de liens ténus avec le secteur privé, dynamisme et clarté, on évite le mille-feuilles territorial. L’exemple parfait de cela ce sont les technopôles de Castres, Mazamet et de Pau.

La situation actuelle n’est pas pérenne, le schéma directeur territorial d’aménagement numérique n’est pas une fin en soi. Il conviendrait de fixer un cadre général, c’est-à-dire mettre en place une architecture informationnelle qui collecte le maximum de données indispensables au développement du THD de façon à permettre une meilleure gestion du domaine public, des travaux, de l’urbanisme, Plan Local d’Urbanisme (PLU) numérique, etc.

Ceci se fait en Aquitaine, pourquoi pas en Auvergne ?

Il y va de l’avenir économique de la métropole Clermontoise.