Réforme de la Taxe Professionnelle
Par Jean-Pierre le mercredi 6 janvier 2010, 11:22 - Lien permanent
Je me réjouis de la récente décision du Conseil constitutionnel de
censurer une disposition de la loi portant réforme de la taxe professionnelle
et son remplacement par une Contribution Economique Territoriale
(CET).
La réforme “oubliait” les entreprises de moins de 5 salariés soumises au
régime des Bénéfices Non Commerciaux (BNC), créant ainsi un régime
discriminatoire vis à vis des entreprises libérales de plus de 5
salariés.
Cette victoire de l’UNAPL que j’ai l’honneur de présider en Auvergne est le
fruit d’une vaste mobilisation des professionnels libéraux qui seront, comme
toutes les autres entreprises soumis à la nouvelle taxe moins pénalisante pour
leurs trésoreries.
Les sages du Conseil constitutionnel ont su faire prévaloir l'équité fiscale
en censurant d'office le régime particulier.
En complément, j’ajoute que la critique du Conseil Constitutionnel repose
sur la différence de traitement entre les entreprises de moins ou de plus de 5
salariés. Dans les deux cas, les professions libérales échappent au nouvel
impôt économique sur la valeur ajoutée, qui remplace la taxe professionnelle,
dès lors qu'ils ont un chiffre d'affaires inférieur à 500.000 euros. C'est sur
l'impôt foncier que les sages relèvent des discriminations : les
entreprises de moins de 5 salariés sont soumises à une cotisation foncière
calculée sur leur valeur locative, plus 5,5 % de leurs recettes. Celles de plus
de 5 salariés ne sont taxées qu'au titre de leur valeur locative. Le Conseil
constitutionnel a jugé que « le fait d'imposer davantage ceux qui
emploient moins de 5 salariés constitue une rupture caractérisée du principe
d'égalité devant l'impôt ». Et a donc censuré le dispositif.
Pour le Conseil Constitutionnel
Par sa décision n° 2009-599 DC, il a statué sur la loi de finances pour 2010
dont il avait été saisi par plus de soixante députés et par plus de soixante
sénateurs. Il a censuré, comme contraire au principe d'égalité, le régime
particulier pour les titulaires de bénéfices non commerciaux (BNC) réalisant
moins de 500 000 euros de chiffre d'affaires et employant moins de cinq
salariés.
Il a censuré le régime particulier de CET applicable notamment aux titulaires
de BNC employant moins de cinq salariés. Les titulaires de BNC employant plus
de quatre salariés et dont le chiffre d'affaires est inférieur à 500 000 euros
payent une cotisation calculée sur la base de la seule valeur locative des
biens passibles d'une taxe foncière. Au contraire, les mêmes contribuables
employant moins de cinq salariés acquittaient une cotisation foncière
comprenant, outre cette valeur locative, 5,5 % de leurs recettes. Le Conseil
constitutionnel a jugé que cette règle en fonction du nombre de salariés
conduisait à traiter différemment des contribuables ayant le même chiffre
d'affaires et se trouvant dans des situations identiques au regard de l'objet
de loi. Il a donc censuré le régime particulier applicable aux titulaires de
BNC.