En ce moment, mon intervention au Conseil Municipal sur le Débat d'Orientation Budgétaire 2010
Par Jean-Pierre le vendredi 6 novembre 2009, 17:58 - General - Lien permanent
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il ne nous paraît pas inutile de
décrire le contexte financier national et local dans lequel le Débat
d’Orientation Budgétaire 2010 s’inscrit. Tel qu’il est et non tel qu’il est
présenté.
La crise internationale et l’état des finances du pays nous imposent un cadre
budgétaire serré. Nous allons être amenés à faire des choix importants. Et ce
débat est intéressant car il va nous permettre d’afficher nos positions
respectives, et donc probablement nos divergences.
En réalité, la lecture du rapport - partial - que vous nous proposez nous
conduit à nous interroger sur 2 points :
→ les collectivités locales doivent-elles – ou non – être associées à l’effort
national de réduction des dépenses publiques ?
→ compte-tenu de marges de manœuvres extrêmement réduites, quelles sont nos
priorités budgétaires ?
Les collectivités locales peuvent-elles rester indifférentes à l’effort
national ?
Qu’elle est la situation financière du pays ?
• Notre déficit est abyssal (8 % du PIB), la dette atteint des sommets (80 %
du PIB), tout le monde reconnaît l’état désastreux de nos comptes
publics.
Notre déficit est structurel : tous les budgets de l’Etat sont votés en
déficit depuis 1981. Tous les gouvernements de tous bords portent une
responsabilité.
Mais notre déficit est aussi conjoncturel : la crise économique le creuse
un peu plus. D’aucuns ont même parlé d’un Etat en faillite.
• Les collectivités territoriales – elles – où en sont-elles ? Un seul
chiffre : entre 2003 et 2007, en dehors de tout transfert de compétences
les dépenses locales ont augmenté en France de 40 Milliards d’euros (6 fois le
budget de la justice).
Dans l’agglomération Clermontoise, comme ailleurs, les structures se sont
empilées. Nous avons créé un EPCI qui comporte aujourd’hui 507 fonctionnaires
territoriaux, qui n’a entrainé, dans aucune des 21 communes, la moindre baisse
de charges de personnel.
Nous avons comme ailleurs un véritable écheveaux de syndicats, d’établissements
publics et de structures diverses qui s’enchevêtrent et induisent des dépenses
exponentielles. Cela naturellement n’est pas sans conséquences pour notre
fiscalité locale.
Face à une telle situation, pour réduire notre dette et lutter contre les
déficits, l’Etat se réforme. Réforme générale des politiques publiques
(justice, armée, santé) non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, rigueur
budgétaire, bref, l’Etat a engagé un combat pour la réduction de la dépense
publique. Combat illustré par la réforme des collectivités territoriales voulue
par le Président de la République et mise en œuvre par Brice Hortefeux,
Ministre de l’Intérieur.
Ainsi en 2008, l’Etat a supprimé 35 000 emplois publics, tandis que dans le
même temps les collectivités créaient 38 000 fonctionnaires territoriaux sans
nouveaux transferts de compétences. Cela pose tout de même un problème, car si
en même temps que l’on supprime des emplois au niveau de la fonction publique
de l’Etat on en crée autant au niveau de la fonction publique territoriale,
pour la compétitivité de notre pays, on avance guère.
Aussi, même si cela ne nous fait pas plaisir, et même si cela est difficile,
force est de reconnaître que les collectivités ne peuvent rester à l’écart de
l’effort National.
Elles aussi, doivent adopter des comportements plus vertueux.
Et là, nous avons avec vous, Monsieur le Maire, mes chers collègues, une
vraie différence d’appréciation.
Quelle est la situation financière de la ville ?
Il y a votre présentation, et il y a
la réalité.
• Le volume de la dette, est l’un des principaux marqueurs de la
santé financière d’une commune. La dette de la ville est importante. Elle
s’élève à 168 M€ (pour un budget de 263 M€), soit près de 1000 € par habitant,
ce qui est loin d’être négligeable. Ce chiffre, vous le banalisez et vous
essayez de nous endormir à travers les nombreux schémas et courbes de toutes
les couleurs qui sont sensés nous rassurer. Mais la réalité c’est que des
chiffres seuls ne veulent rien dire. Ils sont à rapprocher des dépenses
d’investissement, des services rendus aux habitants, de la qualité des
équipements d’une ville. Pouvons-nous honnêtement nous comparer en matière
d’équipements culturels, de transports et d’économie à des villes comme Nantes,
Strasbourg ou Montpellier ?
• Facteur aggravant, près de la moitié des emprunts contractés sont à
risque. Ce sont les fameux emprunts toxiques. L’encours a augmenté
cette année, il s’élève dorénavant à 71 M€. Leurs taux sont fonction de
variations d’indices complexes et aléatoires, qui font peser sur nos finances
une menace permanente. Pour notre part, nous jugeons scandaleux cette
spéculation sur l’argent public.
• L’autre caractéristique de la situation financière est représentée par
la fiscalité. Depuis 2001 vous avez augmenté les impôts locaux de
40 %, les Clermontois en ont ras le bol. Là encore vous n’êtes pas
objectif dans la présentation des comparatifs. Les revenus des Clermontois se
situent parmi les plus bas des grandes villes de plus de 100 000 habitants.
Quand on compare les taux d’imposition, il faut tenir compte du potentiel
fiscal par habitant, c'est-à-dire la richesse taxable, qui, hors TP est
inférieure de 35 % à celui des villes de dimension comparable ! Ces
hausses successives grèvent le pouvoir d’achat de nos compatriotes.
Les Concours financier de l’Etat pour 2010
L’an dernier à cette époque, lors du débat d’orientation budgétaire, nous
avions entendu les mêmes propos alarmistes qu’aujourd’hui.
Au final, les crédits ont régressé de moins de 1% soit 325 000 €, sur un
montant total de 38 M€. Trois cent vingt cinq mille euros, c’est ce qu’à coûté
à la ville, la faute de procédure que vous avez commise dans le cadre de la
réhabilitation de l’opéra. « C’est très peu » vous nous avez alors
dit !
Cela étant, nous n’allons pas nous réjouir de cette situation. Nous
préférerions nous aussi que l’Etat soit plus généreux. Il en est ainsi, nous
comprenons son positionnement.
Sur quels crédits pourrons-nous compter en 2010 ?
La Dotation de Solidarité Urbaine et de Cohésion sociale s’élève
à 5 M€, elle est maintenue.
La Dotation forfaitaire c’est 30 M€, elle est également maintenue et
augmentée de 0,30%.
Le délai de réversion du montant de la compensation de la TVA,
réduit à un an, est fonction du volume de dépenses éligibles en 2009, il sera
d’environ 4,7M€.
Les taxes d’urbanismes sont maintenues, leurs montants seront de
l’ordre d’1M€.
Les subventions ou participations habituelles sont évaluées à
environ 3,5M€.
Les Dotations Communautaires (compensation et solidarité
communautaire) pour 37 M€ sont maintenues.
La réforme de la Taxe Professionnelle n’aura aucune répercussion sur
l’exercice 2010. Le Gouvernement s’y est engagé, Christine Lagarde l’a confirmé
hier au Sénat.
Seule incertitude, le montant de compensation de la TP pourrait baisser.
Nos priorités budgétaires pour 2010 se résument en 3 points
→ épargner les Clermontois de toute hausse de la fiscalité locale
→ initier une politique de réduction des dépenses municipales
→ dégager des capacités d’investissement pour moderniser la ville ou du moins
lui permettre de rattraper son retard.
• Face à des recettes qui se tendent, la solution de facilité c’est le
recours à l’impôt.
Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Maire, d’épargner, en cette
période de crise économique et sociale, les ménages Clermontois et de
geler les 3 taux. Les Clermontois souffrent suffisamment, fragilisés
qu’ils sont par un avenir incertain. De plus, vous êtes en train de mettre en
place une taxe additionnelle à l’échelle de l’agglomération, pour laquelle vous
recherchez une nouvelle fois une majorité en faisant appel au prétexte
Métropolitain. Il faut aussi en parler ce soir.
Il est temps de faire une pause fiscale, Monsieur le Maire.
Et
puis, allez-vous oser « encore ponctionner les Clermontois » alors
qu’ils découvrent régulièrement à la une de leur quotidien des gouffres
financiers liés à des erreurs de gestion ???
• Nous vous le demandons depuis des années, Monsieur le Maire, vous devez
initier de nouvelles pratiques de gestion afin d’optimiser les
dépenses Municipales.
Ne nous dites pas qu’il n’y a pas d’économies possibles. Avec une vraie volonté
politique et un peu de méthode, on peut toujours éviter des dépenses
inutiles.
- Il conviendrait de commencer par « mettre la pédale douce » sur les
bureaux d’études et les multitudes études que vous commandez et dont
les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, loin de là. Je pense à de
nombreux projets modifiés, repoussés ou avortés, mais aussi à tous les surcoûts
qui apparaissent sous forme d’avenants aux marchés publics.
- Le secteur associatif jouit d’une manne providentielle. Plus de 7
M€ chaque année. Il faut soutenir le secteur associatif, il est fort utile à
l’animation de nos quartiers et à l’occupation des jeunes. Mais autant dans le
secteur sportif, vous avez instauré des critères intéressants, autant pour bon
nombre d’associations – et de l’avis de nombreux responsables – les
attributions budgétaires ne se font pas toujours dans la plus grande
transparence.
- Mettre en place une démarche qualité dans les services permettrait
d’améliorer la productivité générale. A Lyon, vos amis politiques ont fait
appel, pour les achats, à des spécialistes venus du privé, parfaitement
aguerris aux techniques de la négociation, le poste a été réduit de 15%. L’on
pourrait donner d’avantage d’autonomie aux chefs de services pour une meilleure
organisation des tâches, des plans de carrières, et de la formation continue.
La qualité du dialogue y gagnerait, les conditions psychologiques de travail
également. Les relations avec les organisations syndicales sont
déplorables. Il ne se passe pas un mois sans que nous ne recevions des messages
de récriminations à votre égard des représentants du personnel.
- En période de disette les entreprises se serrent la ceinture, les ménages
font de même. Il n’y a pas de petites économies. Pourquoi
n’expérimenterions-nous pas, sur le principe du volontariat, le remplacement de
tous les courriers et convocations papiers aux élus, par des supports
numériques ?
Les relations internationales, les voyages et les différentes manifestations à
l’étranger pourraient être également réduits, au moins temporairement.
Le poste communication est « très généreux » et nous observons
fréquemment un franchissement coupable de la limite information -
autopromotion.
• L’investissement doit être soutenu
Clermont souffre de nombreux handicaps. Nous devons rattraper progressivement
un retard qui remonte aux années Quilliot.
- Le niveau de nos équipements culturels est indigne d’une capitale
Régionale.
Le dossier de la future bibliothèque patine depuis plusieurs années. Je
rappelle qu’il a déjà coûté plus de 5 M€ aux Clermontois. Nous ne possédons ni
auditorium, ni lieu identitaire pour la Comédie de Clermont qui a pourtant le
label Scène Nationale. Notre théâtre est toujours hors service. Nos acteurs
culturels se désolent.
- Dans le domaine de l’urbanisme, alors que les services
hospitaliers de l’Hôtel Dieu commencent à déménager, vous n’avez toujours pas
défini le devenir du site. C’est un projet majeur pour l’image et
l’attractivité de la ville qui va l’engager pour des décennies, et vous êtes
toujours empêtrés dans des études qui n’avancent pas.
- Des retards nous en avons aussi dans les transports publics. Où en
est le projet de 2ème ligne de Tram annoncé pendant la campagne des
Municipales ? Où en sont les vélos en libre service ?
Vous l’aurez compris, Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous refusons
la présentation partiale que vous faites du contexte financier local et
national.
Nous avons deux vraies divergences : la première concerne notre adhésion à
la volonté réformatrice du Gouvernement et à la nécessaire contribution des
collectivités locales, la seconde a trait à nos priorités budgétaires. Nous
nous positionnons fermement en faveur du gel de la fiscalité locale, d’un
niveau soutenu des dépenses d’investissement et de la recherche de nouvelles
pratiques, plus vertueuses et économes dans la gestion Municipale.
Commentaires
641 euro de taxe d habitation rue de flamina dans mon hlm .c est vrai on est dans les étages donc nous avons une super vue sur les nids de corbeaux et leurs déjections sans oublier leur gentil gazouillis et sur les parkings de devant c est aussi trés agréable surtout en ce moment avec les centaines d étourneaux qui vecteurs de diverses maladies souillent les voitures nous avons une odeur!!mais nous ne sommes pas en ville donc ça ne dérange pas ...nous n avons vraiment pas les memes valeurs