Mon intervention de ce soir au Conseil Municipal sur Clermont-Communauté
Par Jean-Pierre le vendredi 25 septembre 2009, 15:18 - Lien permanent
Rapport d’activité de Clermont-Communauté
Intervention de Jean-Pierre BRENAS
Groupe UMP et Apparentés
- 1ère Observation
Il y a un peu plus d’un an, Monsieur le Maire, Président, vous avez décidé
d’exclure du Conseil Communautaire tout représentant du Groupe UMP et
apparentés. Notre liste avait réuni 22,4 % des suffrages des Clermontois, soit
8185 voix et nous sommes l’une des rares, peut-être la seule communauté de
commune dans laquelle ne siège aucun élu UMP issus de la ville centre.
Cet acte politique est révélateur d’un certain état d’esprit. Venant de vous,
il a surpris beaucoup de monde jusque dans vos rangs, parce qu’il ne fait pas
honneur à la démocratie.
- 2ème point :
Je voudrais rappeler que aussitôt élu, et pour enfoncer le clou, vous
décidez d’évincer de l’organe exécutif les Maires d’opposition de
l’agglomération. Ce qui aboutit à un exécutif monochrome.
Ceci est totalement en contradiction avec l’esprit de la Loi Chevènement sur
l’intercommunalité et démontre une nouvelle fois votre volonté d’exercer le
pouvoir en écartant vos adversaires.
4 de vos adjoints prennent la place et vous décidez dans la foulée de doubler
les indemnités des Vices-Présidents : celles-ci vont passer de 972 € à 1
850 € bruts mensuels.
Désolé d’être bassement matériel mais dans certaines conditions il est
forcément moins difficile de dire que l’argent ça ne compte pas. J’en profite
pour vous demander s’il est exact que vous ayez nommé un élu de référence
correspondant permanent entre la ville et Clermont-Co ? et qui est-il
?
- 3ème point :
Votre gouvernance est polluée par la médiocrité - ou l’absence - de
relations que vous entretenez avec vos amis socialistes et en particulier avec
le Président du Conseil Général. Face à vos refus répétés de dialogue et le
rencontre, après 15 courriers sans réponse, celui-ci a été contraint de
solliciter l’entremise de Maires de l’agglo dont celui de Chamalières, pour
tenter de faciliter l’organisation d’une rencontre entre lui et vous ! On
pourrait en rire, c’est ce qu’a choisi l’une de vos adjointe ici présente qui a
qualifié les relations que vous entretenez avec M. Gouttebel de « 2 coqs
sur un tas de fumier ».
Malheureusement cette situation pitoyable a de graves conséquences sur la
gestion des affaires. On pourrait citer le SMTC, le contrat local de
développement de l’agglomération, le siège du Conseil Général sur le site de
l’Hôtel Dieu, l’Opéra, etc.
Sur le fond, le rapport d’activité 2008 fait apparaître quelques tendances
lourdes :
- Des investissements en recul
- Des dépenses de fonctionnement qui progressent
- Un impôt nouveau qui se profile à travers la taxe additionnelle
- Les investissements :
A la lecture du compte administratif tous budgets confondus, les dépenses
d’investissement sont passées de 2007 à 2008 de 78 M€ à 64 M€. Cette baisse des
dépenses d’équipement parfaitement illustrée par l’arrêt des travaux de
l’espace nautique nord de Gerzat (qui a d’ailleurs provoqué une très vive
réaction des élus Gerzatois) suscite en période de crise et de recrudescence du
chômage, une forte incompréhension de nos concitoyens.
Notre agglomération a un urgent besoin de commandes publiques. C’est
en ce moment que les Entreprises de travaux publics ont besoin de travailler.
C’est maintenant qu’il faut soutenir l’activité et c’est votre rôle en tant que
responsable de l’exécutif communautaire. Il n’est d’ailleurs pas inutile de
rappeler qu’en Auvergne, les entreprises de travaux publics sont plus
dépendantes qu’ailleurs des collectivités. Elles réalisent 70% de leur chiffre
d’affaires avec ces dernières, contre 46% au niveau National.
L’Etat montre l’exemple. Il a mis en place un plan de relance de l’activité
économique qui se traduit dans la Région par une enveloppe de 310 M d’€uros,
avec à la clé de nombreux grands chantiers dans le domaine de
l’enseignement supérieur, des routes, du logement, du rail, du
patrimoine, etc. Il a effectué des remboursements anticipés de
TVA au profit des collectivités. Clermont, notre commune, en a bénéficié.
Le Préfet de Région a sollicité cet été l’ensemble des représentants du monde
de l’entreprise afin de les inciter à faire appel aux mesures du plan de lutte
contre le chômage. Encore faut-il que les carnets de commande se remplissent et
que les entreprises ressentent le besoin d’embaucher.
Vous pourrez toujours nous expliquer que l’Etat se désengage, mais les faits
sont là. Ce n’est pas vous qui protégez actuellement les Clermontois de la
crise, c’est bien l’Etat.
Notre capacité d’investissement est réduite, c’est un fait. Pourquoi ?
Parce que des mauvais choix de gestion, des erreurs stratégiques et des fautes
politiques ont été commises.
▪ 1er exemple : le fameux trou du SMTC : les Clermontois se sont
réveillés un matin en découvrant un déficit abyssal de plus de 10 Millions
d’€uros. Déficit qui aurait pu être évité.
Résultat : Clermont-Co a dû voter une subvention au compte
« transport » de 6 M €, celui-ci passant de 3 à 9 M d’€uros.
Lorsqu’il était encore temps, et que vous connaissiez la réalité de la
situation financière du SMTC (en 2005 un rapport l’avait décrit), vous avez eu
la faiblesse de céder aux surenchères des ECP. Chaque commune y
avait droit. Elles les exigeaient. Alors que la priorité politique du moment
commandait de prendre à bras le corps la problématique du financement des
transports publics. Cela n’a pas été fait en son temps. Les déficits se sont
creusés.
▪ 2ème exemple : la très grande bibliothèque : lors du Conseil
Communautaire du 6 mai dernier, le Vice-président de Clermont-Co en charge de
la culture a expliqué que le coût du projet de la Bibliothèque communautaire
interuniversitaire s’élevait à 5,6 M€ (frais d’architectes et d’études 3,7 M€,
de fouilles 0,7 M€, d’expropriation 1,25 M€) tout ça pourquoi ? Pour
apprendre que finalement le projet était surdimensionné, irréaliste et
irréalisable, et qu’il ne pourrait pas voir le jour sur l’ancien site de la
gare routière. Fini la Très Grande Bibliothèque, bonjour le Très Gros
Bide.
▪ 3ème exemple, la presse s’en est d’ailleurs emparée aujourd’hui. Le même
adjoint à la culture souhaitait loger la Comédie de Clermont dans l’enceinte de
l’Opéra Municipal. Résultat : irréalisable. Coût 620 000 € plus 3 M€ de
surcoût à prévoir. Vous commencez à coûter cher aux Clermontois Monsieur le
Vice-président en charge de la culture ! Très grande bibliothèque :
irréalisable, Comédie à l’Opéra Municipal : irréalisable. Décidemment, la
seule chose que vous sachiez réaliser ce sont des déficits. Et nous craignons
le pire lorsque l’on vous entend envisager l’aménagement de cette très grande
bibliothèque dans le site classé du 18ème de l’Hôtel Dieu !!
- Les dépenses de fonctionnement se maintiennent
à un haut niveau.
Si nous avions bien compris, à l’origine Clermont-Co devait permettre aux
communes adhérentes de réaliser des économies de fonctionnement par la
mutualisation des charges, des fonctions et des compétences. De plus, les
transferts de personnel devaient amplifier ce phénomène. Force est de constater
qu’ au cours de ces dernières années, nos dépenses de personnel communal n’ont
fait que s’accroitre tout comme celles du personnel de l’agglo.
Pourquoi ?
Parce que vous n’avez pas seulement transféré du personnel, vous avez ajouté
une couche au millefeuille, vous avez créé une véritable techno structure. Vous
avez créé des administratifs, il y en a 507 aujourd’hui, que nous devons
assumer aujourd’hui par des charges de personnel en augmentation en 2008 à plus
de 20 M€. Et ces charges fixes importantes grèvent lourdement nos capacités
d’investissement.
- La taxe additionnelle :
Absence de dialogue avec les collectivités, déficits divers, poids de
la technostructure, mauvais choix de gestion, tout cela a un coût. Il
faut en trouver le financement. Vous avez décidé de taxer les Clermontois.
C’est l’appel aux citoyens pour lever des recettes nouvelles, devenues
indispensables.
Lors de la précédente campagne Municipale, nous l’avions annoncé et dénoncé, et
que n’avions-nous pas entendus ?
Démagogie, mensonges, campagne honteuse.
Je suis en possession d’un document qui prouve que nous avions raison et qui
montre que ce nouvel impôt était connu et décidé avant votre élection. Il
s’agit du compte-rendu du Conseil Communautaire du 18 janvier 2008 au cours
duquel Dominique ADENOT déclare, je cite « il nous faudra des recettes et
ces recettes, je suis désolé de le dire, elles existent, cela s’appelle la taxe
additionnelle sur les ménages ». Et aujourd’hui, un an et demi après, nous y
sommes.
Les Clermontois ont droit à la vérité. Vous leur devez la transparence. Vous
devez leur dire que vous allez mettre en place cette nouvelle taxe, qu’elle
touchera tous les Clermontois, que vous avez fait travailler vos services sur
plusieurs hypothèses.
60 € par foyer fiscal pour un produit de 4 M€
80 € à 90 € pour un produit de 7 M€
et 90 € à 120 € pour un produit de 10 M€
C’est cette dernière hypothèse qui sera probablement retenue.
90 € en moyenne, ce nouvel impôt sera aussi inefficace au plan économique
qu’injuste au plan social.
Et nous le combattrons. D’abord parce que vous vous êtes fait élire en le
cachant aux Clermontois, ensuite parce que ce n’est pas à eux de payer des
mauvais choix de gestion et l’accumulation des déficits, enfin parce que cet
impôt aurait pu être évité.
Monsieur le Maire, mes chers collègues,
- Nous avions compris lorsque l’on a construit Clermont-Communauté,
qu’au-delà de nos divergences politiques, devait naître un outil au service du
développement de notre agglomération pour le bien être de nos concitoyens.
Contrairement à l’esprit des textes, vous avez décidé de politiser cette
instance, d’écarter vos adversaires et de vous approprier tous les leviers du
pouvoir.
- Les divisions socialo-socialistes qui se sont transformées en guerres,
produisent des effets délétères et néfastes à l’intérêt général.
- Vous réduisez les investissements, créez un nouvel impôt et maintenez un
haut niveau de charges de fonctionnement.
Cette politique nous la combattons. Nous la combattons non par principe, non
par idéologie, nous la combattons parce qu’elle ne marche pas.
Un seul exemple : parmi les nombreux indices qui mesurent l’impact d’une
politique sur le développement d’un territoire il en est un, généralement admis
de tous, c’est celui de l’évolution démographique. Sur ce point précis, force
est de constater que votre politique est un échec. En 10 ans, la population
Clermontoise s’est enrichie de - seulement - 1 500 habitants, soit 1% de
croissance ! Comment, sans rien changer, avec une telle politique,
pensez-vous raisonnablement atteindre l’objectif de gagner 50 000 habitants
pour le Grand Clermont à l’horizon 2025 ?
Pour notre part, nous ne manquerons pas de faire connaître nos priorités et nos choix pour l’agglo dans les semaines et mois à venir, non seulement à travers le Groupe Alternance Républicaine à Clermont-Co mais également dans le cadre de notre contribution au projet de la majorité Présidentielle pour l’Auvergne.