Famille Tang Zhou
Par Jean-Pierre le mercredi 23 septembre 2009, 16:58 - Lien permanent
On ne peut réfléchir et envisager de solutions justes et équitables sans
porter un regard objectif et dépassionné sur cette triste affaire.
L’instrumentalisation politique et l’émotion suscitée dans l’opinion ont
tendance à occulter la réalité de la situation.
Rappelons tout d’abord que Monsieur Yu Hua TANG est arrivé clandestinement et
illégalement en France en 1999. Sa demande d’asile politique est rejetée et
depuis, il ne s’est jamais manifesté auprès des services préfectoraux pour
faire examiner sa situation.
Madame Ping ZHOU entre en France le 25 juin 2003 en qualité d’étudiante. Elle
n’a validé aucun diplôme. En 2005, elle épouse Yu Hua Tang. Fin septembre 2006,
elle sollicite la délivrance d’une carte de séjour temporaire en qualité de
commerçant. Un avis favorable est émis et un titre de séjour provisoire valable
du 12 mars 2007 au 16 janvier 2008 lui est attribué.
Dans le même temps, le couple ouvre un restaurant « Le Dragon
Céleste » Avenue Charras. Pour des raisons de sécurité, le maire de
Clermont prend un arrêté de fermeture le 24 août 2007.
Le 10 janvier 2008, Madame ZHOU sollicite le renouvellement de son titre afin
de lancer une nouvelle activité traiteur et vente d’objets de décoration. Or
malgré plusieurs relances des services préfectoraux, elle n’a jamais produit
les documents sollicités et le trésorier payeur général rend un avis
défavorable à sa demande le 22 décembre 2008.
Madame ZHOU ouvre tout de même un nouvel établissement Rue Lamartine en juillet
2008. Un contrôle le 25 février 2009 fait apparaître des infractions de travail
dissimulé et des emplois irréguliers. Le couple héberge 3 étudiants chinois
dans des conditions très sommaires contre des loyers relativement
conséquents.
C’est dans ces conditions que le Préfet est amené à prendre un arrêté de refus
de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire à l’encontre de
Monsieur TANG et Madame ZHOU.
2 jugements des tribunaux administratifs de Clermont-Ferrand et de Lyon
confirment la décision Préfectorale.
Le 19 août 2009, la famille est conduite au centre de rétention de ROUEN. Peu
de monde s'en est ému à l'époque. Elle n’est pas expulsée parce que la Chine
refuse d’accueillir Clément, le plus jeune enfant âgé de 10 mois qui n’a pas de
passeport.
La famille est assignée à résidence jusqu’au 5 septembre. Au Consulat de Chine
à Paris, le père aurait accepté de laisser son enfant en France. Pour se faire,
les autorités du Consulat auraient demandé que soit délivré à la famille un
document expliquant le principe de la procédure de délégation de l’autorité
parentale pour des parents en situation irrégulière.
La police des frontières délivre ce document le 1er septembre aux époux TANG
ZHOU en leur indiquant qu’ils doivent quitter le territoire le lendemain et
qu’ils pourront demander un visa pour revenir.
Le 2 septembre, ils entrent dans la clandestinité.
Le responsable de Réseau Education Sans Frontière déclare sur les
ondes de Clermont 1ère organiser la cache de la famille et vouloir en
faire un combat contre la politique d’immigration du gouvernement.
Ce que je pense :
- Les époux TANG ZHOU ne sont pas actuellement dépendant du bon vouloir du
Préfet, mais ils sont sous le coup d'une décision de justice.
- La procédure suivie par la police des frontières à l’initiative du Consulat
de Chine s’inscrit tout à fait dans l’esprit du régime Communiste
Chinois.
- Pour sa part, à aucun moment le Préfet n’a souhaité séparer les enfants des
parents. Ne confondons pas les responsabilités.
- Durant des années, l’absence apparente de communication entre le Tribunal
de Commerce (auprès duquel Madame ZHOU était inscrite), l’administration
fiscale et la Préfecture est pour le moins surprenante.
- Le Maire de Clermont aurait bel et bien pris un arrêté de fermeture de
l’établissement « Le Dragon Céleste » tenu par la famille TANG ZHOU
avenue Charras, ce pour des raisons de non respect des normes de
sécurité.
- Les parents sont dans l’illégalité mais des enfants sont nés sur notre sol.
On ne peut ignorer cela, ni tout effacer pour autant. Les TANG ZHOU doivent
sortir de la clandestinité. Leur situation mérite d’être réexaminée. Un nouveau
dialogue doit s’engager avec les autorités. Pourquoi ne pas faciliter par
exemple la remise d’un passeport au plus jeune enfant, afin que la famille
rentre dans son pays d’origine, et revienne dans le nôtre en respectant nos
lois comme tout le monde. Nous serons alors très heureux de les accueillir à
Clermont.
- En tout état de cause, dans l’intérêt de tous, humanité et respect de la légalité doivent prévaloir.