En ma qualité de Président de l’UNAPL Auvergne, il me revient chaque année de présenter mes vœux aux principaux leaders des syndicats et ordres de Professionnels ainsi qu’aux personnalités institutionnelles locales.

C’était jeudi 15 janvier dans les salons de la Brasserie « Le Richelieu » à Clermont.
En ce début d’année 2009, les professions libérales d’Auvergne et l’UNAPL, la Centrale syndicale officiellement représentative ont décidé de ne pas céder à la morosité ambiante.
Parfaitement conscientes des difficultés présentes et à venir, des enjeux et défis à relever dans les mois à venir, elles savent aussi qu’elles possèdent des atouts, qu’elles sont à même de manifester des capacités de réaction et que leurs malades, patients et clients ne s’alignent pas forcément dans leur consumérisme sur les tendances dominantes.
Cela étant dit, pour affronter la crise économique qui frappe le pays, même si nous nous y préparons, nous ne prétendons pas pouvoir surmonter tout tous seuls, nous aurons besoin de l’écoute et de la compréhension de l’Etat, de ses services sur la Région, de nos partenaires institutionnels et de nos fournisseurs privés. Je pense notamment au secteur bancaire.
Le deuxième défi qui nous attend dans les mois à venir, pour l’ensemble des professions médicales et paramédicales – qui composent la moitié des professions libérales – est la discussion au parlement et la mise en œuvre de la future loi Hôpital, Patients Santé Territoire (HPST).
Enfin, d’ici décembre 2009, les professions libérales auront dû intégrer dans le droit Français les différentes dispositions de la Directive Européenne des Services, et nous verrons qu’elle exigera de l’UNAPL Auvergne une adaptation concrète à laquelle nous travaillons déjà.

Ne nous leurrons pas, comme tous les secteurs d’activité, les professions libérales seront touchées par la crise.
Au plan économique, nous sommes à la tête d’Entreprises Libérales, qui sont des Entreprises de petite taille dite TPE. Au nombre de 12 000 en Auvergne, elles emploient environ 15 000 collaborateurs et pour un chiffre d’affaire moyen de 230 000 Euros. Il n’est pas inutile de rappeler que sur l’ensemble des Entreprises Industrielles, Commerciales, Artisanales, et de service, elles représentent une proportion importante : 25%. Une entreprise sur 4 en Auvergne est une entreprise libérale. De plus le secteur est en plein essor : + 16% de créations d’entreprises au cours des 5 dernières années. Les professions médicales et paramédicales représentent le gros des troupes : Médecins, Chirurgiens-dentistes, Pharmaciens, Infirmiers, Podologues, Orthophonistes, Orthoptistes, etc. La 2ème grande famille est celle du Droit (Avocats, Notaires, Huissiers de Justice, Greffiers des Tribunaux de Commerce, etc.). Et enfin, la 3ème famille, celle du chiffre, des techniques et cadre de vie composée des Experts Comptables, Architectes, Agents Généraux d’Assurance, Experts, Activités de Conseils est celle qui connaît le plus grand essor.
Les Professionnels Libéraux ont ceci de particulier, c’est qu’ils ne vendent rien, ni commerçants, ni professions de services, ils réalisant des actes intellectuels et parfois manuels pour lesquels ils se font honorer. Ils traitent la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime : sa santé, ses droits, sa protection et ses besoins essentiels. Le mot clé qui caractérise le plus nos professions, est le mot confiance. C’est parce qu’il a confiance dans le professionnel qui est en face de lui que l’homme se dévoile dans ce qu’il a de plus intime. C’est parce que le Professionnel Libéral est lié par une éthique et une déontologie très stricte reposant sur le secret professionnel, un niveau élevé de qualification et une sévère réglementation professionnelle, que nous praticiens, pouvons revendiquer cette confiance.
Dans les mois à venir,

  • le paradoxe auquel nous nous attendons, est de voir les capacités financières et la solvabilité de nos patients s’affaiblir et dans le même temps leurs besoins augmenter. Une crise économique détruit des emplois, s’attaque au pouvoir d’achat et crée de la précarité. Et dans le même temps les besoins en conseil, assistance et soins peuvent s’accroître. Nous aurons à gérer cette situation nouvelle.
  • Les trésoreries de nos entreprises pourront souffrir. Mais nous savons que nous pouvons compter sur nos partenaires bancaires, et en particulier nos amis de la Banque Populaire du Massif Central. Je dis bien nos amis, car ils répondent toujours présents quand tout va bien, comme dans la difficulté. Et j’en profite pour rendre hommage à toute l’équipe dirigeante placée sous l’autorité du Président Dominique MARTINIE.
  • Cela étant dit, nous restons très vigilants. Nous venons de mettre en place une veille économique. Nous avons lancé un mailing auprès de os adhérents afin de prendre le pouls, en les interrogeant sur les difficultés qu’ils rencontrent, leur éventuelle baisse d’activité, leurs difficultés de recouvrement d’honoraires, l’évolution de leur chiffre d’affaires ou leurs demandes particulières. Cette écoute nous permettra de faire remonter le cas échéant, aux autorités compétentes (nous sommes rattachés au Secrétariat d’Etat au Commerce Artisanat, Professions Libérales) une photographie objective de la situation économique de notre secteur en Auvergne.

Présenté en Conseil des Ministre en novembre dernier par Roselyne Bachelot, le projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire constitue le 2ème défi auquel les professions libérales de santé seront confrontées en 2009.
Un défi car même si l’UNAPL s’accorde sur la nécessité de faire évoluer le système de santé français pour qu’il tienne compte des contraintes budgétaires, néanmoins, la confédération ne peut accepter l’intégralité des points proposés par le projet de loi à l’heure actuelle.
« Certaines mesures remplaceraient de façon trop radicale notre système de santé basé sur la solidarité par un système étatique qui risque d’engendrer des iniquités entre les patients face à l’accès et la qualité des soins, et freiner le libre exercice de leur métier par les professionnels de santé. »

En effet, on ne peut repenser l’aménagement du territoire en matière de santé sans prendre en compte l’apport des professions libérales. Les professionnels exerçant en libéral sont à l’origine de nombreuses entreprises (cabinets médicaux, laboratoires d’analyses…) qui sont des acteurs de proximité et qui participent au dynamisme économique régional.
C’est à ce titre que l’UNAPL demande :

  1. A être inclue dans les négociations et suggère notamment la mise en place d’une formation des futurs professionnels de santé sur le choix et sur les modalités d’installation.
  2. Des garanties d’indépendance des ARS. De raisonner en termes de réseaux de soins coordonnés autour du patient ; la permanence des soins doit continuer de fonctionner sur la base du volontariat.
  3. L’UNAPL souhaite voir les procédures telles que la réforme des laboratoires d’analyse de biologie médicale faire l’objet d’un débat parlementaire et de concertation et non d’être légiférée directement par ordonnance.

Pour notre Région, le déficit en offre de soins est particulièrement marqué en zones rurales. On compte aujourd’hui 414 communes déficitaires ou en passe de le devenir, ce qui représente 12% de la population.
Mais nous ne restons pas les bras croisés.
Nous, c’est-à-dire l’UNAPL bien sûr, mais également les élus, parlementaires, responsables ordinaux.
Je voudrais rappeler que c’est un Auvergnat, le Sénateur Jean-Marc Juilhard qui a promu et convaincu les plus hauts dirigeants de l’Etat, de l’idée des Maisons de Santé pluridisciplinaires.
Dans un autre domaine, le Dr Alain Moutarde Secrétaire Général de l’Ordre National œuvre en faveur d’une évolution et d’une adaptation des textes ordinaux sur les autorisations et différentes formes d’exercice.
Enfin, l’UNAPL Auvergne a créé un site d’accueil à l’installation de futurs professionnels de santé Français et Européens. Ce site créé en partenariat avec le Conseil Régional d’Auvergne a vocation à attirer, accueillir et accompagner dans leurs premières démarches et formalités administratives les postulants à une installation dans les zones dites blanches.

Notre 3ème vœux ira vers l’équipe UNAPL Auvergne.
Cette équipe composée de gens formidables, de professionnels libéraux qui ont décidé de consacrer un peu de leur temps à la défense et à la promotion de notre profession, cette équipe qui s’étoffe chaque année un peu plus, je voudrais leur rendre hommage ce soir.
Remercier chacun des administrateurs de l’UNAPL Auvergne et leur dire que grâce à leur qualités, à leur engagement, à leur intelligence, nous pourrons mener à son terme le grand projet de l’année 2009 : la création d’une Maison des Professions Libérales en Auvergne.
C’est un très beau projet, dans les tuyaux depuis longtemps et qui doit voir le jour avant la fin de l’année, grâce à une contrainte que nous avons décidé de transformer en opportunité.
La contrainte qu’elle est-elle ?
La Directive Européenne dite « service » doit être intégrée dans le Droit Français avant le 31 décembre 2009. La finalité de cette Directive est de permettre à tout professionnel libéral, en tout lieu dans la Communauté Européenne, de se déplacer et s’installer librement dans n’importe quel pays de la Communauté.
S’installer librement signifie lever tous les obstacles à l’installation dans un pays étranger.
Ex. 1er lieu, lever la barrière des formalités, de la paperasse et des obligations administratives.
Pour cela, tout pays membre de la CE doit pouvoir offrir et proposer des centres, des guichets uniques où le professionnel libéral trouvera en un seul lieu toutes les informations et conseils relatifs à son installation. Et ce dans toutes les langues de l’Espace Européen.
Nous avons fait de l’ouverture de ces guichets une chance et avons engagé un processus de mise en place de cette Maison Auvergnate des Professions Libérales via l’installation d’un ORIFF.
A contrario, si nous ne bougions pas, les Professionnels Libéraux arrivant sur le sol National seraient orientés vers les seuls Centres de Formalité existants actuellement, c’est-à-dire dans les CCI. Avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer en particulier la perte de notre spécificité Professionnel Libéral et assimilation à de simples professions de service.

  • Que le cadre de la discussion du parlement de la loi HPST, les propositions et contributions de l’UNAPL soient prises en compte,
  • Et que cette maison des Professions Libérales d’Auvergne voit le jour avant la fin de l’année.
    Voici le triple vœu que forme l’UNAPL Auvergne. On entend souvent « Il faut avoir des rêves suffisamment grand pour ne pas les perdre de vue ».

C’est parque que les nôtres sont réalistes, accessibles et à portée de main que nous sommes d’autant plus motivés et mobilisés.