La liberté et la laïcité sont des valeurs essentielles de la République. Nous devons préserver à tout prix la liberté d’expression et dans le même temps nous battre pour la laïcité.

Mais il faut être logique.

A la suite d’un grand débat qui a secoué le pays il y a quelques temps – l’affaire du voile islamique – la France a décidé d’imposer des limites à la libre expression religieuse en interdisant tout prosélytisme.

Lorsqu’un acte antisémite est commis, l’auteur est jugé et condamné. Quand un publicitaire ou un film « attaque » l’image du Christ, la censure peut jouer. On l’a déjà constaté.

Il existe donc bien déjà des limites à la libre expression. Le respect que nous devons aux croyants en est une. Gardons nous de la provocation.

Petit retour sur l’origine de la laïcité :

En 1904, la France vit sous le Régime du Concordat dont le principe est celui de la liberté des cultes, mais une distinction est établie nettement entre certains qui sont, alors, officiellement reconnus :



les cultes catholique, réformé, luthérien, israélite

et d’autres qui sont tolérés seulement.

 Les cultes reconnus sont érigés en service public. Les paroisses sont des établissements publics. Les ministres des cultes sont des ministres rémunérés par l’Etat. Les évêques sont nommés par le Vatican et l’Etat.  Les cultes tolérés échappent au contrôle de l’Etat aux finances de l’Etat.

En 1905, c’est la rupture entre les églises et l’Etat.

Pourquoi ?

- Des raisons juridiques : le pape n’appréciait guère que le Droit Français soit si dirigiste : un évêque devait demander l’autorisation au gouvernement français pour quitter sa paroisse.

- Des raisons religieuses : la religion, service public, était financée par tout le monde, même ceux qui ne professaient aucune religion, et il n’y avait aucune raison.

- des raisons politiques : en 1904, il règne un climat d’anticléricalisme dans la société française. Le risque était que le laïcisme gagne du terrain (c’est-à-dire, ignorer et évacuer les religions).

Ainsi, le 9 décembre 1905 est voté la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat :

« La République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice du culte. »

« La République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte. »

Cela veut dire que l’on ne fait plus aucune différence entre les religions qui étaient reconnues jadis et celles qui ne l’étaient pas. Elles sont toutes sur le même plan. Le fait religieux cesse d’être public.

Mais séparation ne signifie pas hostilité.

L’Etat est neutre. Positivement car il est obligé d’assurer l’exercice du culte pour chacun. Aucune discrimination n’est opérée entre les cultes. La liberté de conscience est ainsi assurée.

Sur le plan financier, le problème de l’immobilier s’est posé.

Avant 1905, l’Etat étant service public, les établissements de culte lui appartenaient.
La loi de 1905 a tranché la question : « Les églises construites avant 1905 restent la propriété de la puissance publique. L’Etat pour les cathédrales, les collectivités publiques pour les églises. Tout ce qui est construit après 1905 ne pourra l’être qu’avec des fonds privés. »

Laïcité et Islam

En 2003 éclate l’affaire du voile islamique : « Je porte le voile donc je ne peux pas faire de travaux pratiques. Je porte le voile donc je ne fais pas d’éducation physique. Je porte le voile donc je ne peux pas faire de travaux pratiques en chimie, c’est risqué. »

Or si le port de l’insigne ou du vêtement de telle religion ne permet pas de satisfaire aux lois de la République à l’école laïque, il doit être interdit. C’est l’esprit de la loi du 15 mars 2004 qui interdit le port d’insigne ou de vêtement à caractère religieux ou ostentatoire. Et ce au nom de la protection de la liberté d’exercice du culte, de tous les cultes.