1ère remarque sur le contexte économique et financier dans lequel
nous devons élaborer le budget 2012.
En nous efforçant d’être le plus objectif – la situation étant suffisamment
grave – et en évitant de tomber dans la petite politique, force est de
constater que la préparation de notre budget devient de plus en plus complexe
et nous contraint d’optimiser la gestion des deniers publics.
Nous ne répondrons pas aux attaques sur le désengagement de l’Etat, il
n’intéresse plus personne.
Nous ne nions pas le gel des dotations de l’Etat, il est réel, il est
nécessaire et il nous contraint à de nouveaux modes de gestion.
L’Etat Français a un niveau d’endettement public que l’on n’a pas connu depuis
un lendemain de guerre. Il est essentiellement dû à la réponse apportée par le
gouvernement à la crise de 2009.
Le coût de cette dette s’élève à 50 Mds € / an, c’est le premier poste de
dépense de l’Etat.
Le gouvernement s’est engagé a réduire la dépense publique pour revenir à une
gestion plus vertueuse et a engagé le pays sur la voie du désendettement.
L’objectif étant de ramener notre déficit à moins de 3% du PIB à l’horizon
2013.
Réduire la dépense publique n’est jamais simple.
Grâce au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’Etat a supprimé, en 4
ans, 150 000 postes de fonctionnaires. En 2009, la crise a privé l’Etat de 20%
de ses recettes fiscales et pourtant il a maintenu ses concours aux
collectivités, à la même hauteur.
Parce que c’est nécessaire, parce que avec les nouvelles technologies, avec
l’informatisation des services, on peut gagner en productivité.
Le nombre de fonctionnaires sera ramené progressivement au niveau de nos
voisins Européens, ils seront moins nombreux mais mieux rémunérés.
Les dotations aux collectivités territoriales sont gelées sur 2011-2013.
Très honnêtement, nous préférerions, nous aussi, qu’elles augmentent.
Ce n’est pas possible. Adaptons-nous !
L’injustice serait que l’Etat exige de nous ce qu’il ne s’impose pas à
lui.
Or c’est tout le contraire. Il applique aux collectivités la règle qu’il
s’applique à lui-même.
2ème remarque sur les tendances observées dans les autres villes
comparables à Clermont-Ferrand, les villes de la strate.
Une orientation très nette se dégage : Clermont ne suit pas le mouvement
général. Les tableaux présentés montrent un effet de ciseaux. Pour ses
dépenses de fonctionnement, la ville poursuit un mouvement
continu de hausses (+ 55 €/hab. sur les 4 dernières années), tandis que la
moyenne de la strate voit dans le même temps ses dépenses par habitant baisser
(- 20 €).
L’écart est encore plus marqué pour les charges de
personnel : Clermont doit faire face à des dépenses de personnel,
carrément supérieures à la moyenne et en hausse continue alors que la majorité
des villes de la strate a stabilisé ses charges de personnel depuis 4
ans.
Ainsi l’autofinancement, c’est-à-dire notre capacité à
emprunter et investir chute de 40% en 4 ans alors que celle de la moyenne de la
strate se maintient.
Conséquence, côté dépenses d’équipement, Clermont se distingue
encore, dans le mauvais sens. Ses dépenses chutent carrément pour atteindre un
niveau inégalé depuis de nombreuses années, tandis que la moyenne de la strate,
repasse au-dessus de Clermont.
Ces remarques ne constituent pas un jugement. C’est un constat. Terrible
constat qui montre que la Municipalité Clermontoise poursuit sa route
tranquillement, indifférente à la situation extérieure et plutôt que de dégager
des gains de productivité sur le fonctionnement, a fait le choix de
répercuter le gel des dotations de l’Etat sur l’investissement.
Plutôt que de vous remettre en question et adapter votre logiciel de gestion,
vous avez préféré suivre la voie de la facilité au détriment de la
modernisation de la ville.
Quelles sont les priorités du Groupe UMP et Apparentés ?
A moins d’accepter de décrocher totalement du peloton des villes qui nous
ont dépassé (je rappelle que Clermont a perdu plus de 30 000 habitants au cours
des 40 dernières années), une nouvelle orientation politique est
nécessaire.
Celle-ci se fixera 3 priorités :
- un gel de la fiscalité locale
- une optimisation des dépenses de fonctionnement
- une préservation de notre investissement, axé prioritairement sur le
développement économique.
Depuis 10 ans, les impôts ont augmenté à Clermont selon un
rythme très élevé, de façon exponentielle, plus de 50% sur les 10 dernières
années. Autant ces hausses peuvent être supportables en période de croissance,
autant dans la période de quasi récession que nous connaissons actuellement,
elles ne peuvent qu’amputer le pouvoir d’achat des Clermontois.
Nous vous mettons en garde contre le mal que vous feriez aux Clermontois si
vous décidiez d’une nouvelle hausse.
Et si encore votre gestion était vertueuse !
Les Clermontois ne sont ni sourds, ni aveugles. Ils lisent la presse, ils
écoutent l’opposition. Ils savent bien qu’il vous arrive de commettre des
erreurs, dont certaines peuvent être lourdes de conséquences. Que ce soit des
chantiers démarrés puis arrêtés comme celui de la « Très grande
bibliothèque », des erreurs d’appréciation comme à l’occasion du chantier de
réhabilitation du théâtre, des contentieux judiciaires comme à propos du
traitement des déchets ménagers ou de l’enseignement privé, des dépenses indues
pour le tramway relevées par la Chambre régionale des comptes, ou encore des
emprunts toxiques auxquels vous avez eu la légèreté de succomber, exposant
ainsi la ville à des taux d’intérêts bien supérieurs à la moyenne.
L’optimisation de nos dépenses de fonctionnement est notre deuxième
priorité.
Une parenthèse tout d’abord, vous nous indiquez votre souhait de définir des
activités de priorité différentes : 1, 2, 3 et 4. A celles-ci, vous avez
décidé d’affecter des pourcentages d’évolutions distincts et respectivement de
+ 1%, + 1,5%, 0% et – 1%. Qu’y a-t-il derrière ces activité ?
Le minimum dans un débat d’orientation budgétaire, serait de nous signifier par
écrit à quoi elles correspondent !
Changer notre logiciel de gestion, Clermont en est capable, d’autres villes
l’ont fait, c’est aujourd’hui une nécessité, et c’est possible.
Pour cela, il faut une volonté forte. On ne peut plus se permettre de finasser,
il faut tailler dans les dépenses. C’est toujours possible. Le choix de
privilégier, comme mode de gestion, la régie directe est-il toujours
pertinent ? Il est en grande partie responsable de la hausse des
charges de personnel.
Grâce à l’informatisation, les nouvelles technologies, des gains de
productivité sont possibles.
Dans son dernier rapport, la Chambre régionale des comptes s’étonne que
« la modernisation des techniques comme par exemple la dématérialisation
des pièces administratives n’ait pas entraîné de réduction des effectifs ».
Elle constate que les transferts de personnels à Clermont-Communauté
(Bibliothèque – Beaux Arts par exemple) n’ont pas entraîné de réduction des
effectifs. Elle recommande d’améliorer la mutualisation de certains services
entre Clermont-Co et la ville de Clermont-Ferrand.
Le management, l’organisation du travail peuvent toujours être améliorés.
Certaines dépenses de communication sont elles bien utiles et toujours
nécessaires ? Des manifestations annuelles ne pourraient-elles pas se
produire seulement tous les 2 ans.
D’ailleurs, qu’est-ce qui justifie cette hausse continue des dépenses
de fonctionnement ?
Y aurait-il eu une explosion démographique ? La population Clermontoise
augmenterait-elle plus vite qu’ailleurs ?
Clermont serait-elle sur-équipée ?
Aurions-nous le plus grand nombre de lignes de tramway de France ?
Posséderions-nous le plus grand stade de football ?
Serions-nous un exemple en équipements culturels ?
En kilomètres de pistes cyclables ? En vélos en libre-service ?
En aucun cas le niveau des équipements Clermontois ne sauraient servir d’alibi
à de telles hausses.
Les dépenses de fonctionnement devraient au contraire se situer au niveau des
services offerts, c’est-à-dire en dessous de la moyenne.
Enfin, troisième priorité, l’investissement.
Vous avez décidé de réduire de manière drastique les dépenses
d’investissement.
Alors qu’en 2009, elles s’élevaient à 63 M€, elles chutaient en 2010 à 42 M€
pour atteindre cette année 38 M€. Soit une chute vertigineuse de 40%. Et cela
est fort inquiétant car nous voilà revenus au triste temps des années Quillot
où la ville a pris tant de retard. En 1998, nos dépenses d’investissement
s’élevaient à 39 M€, le même montant que vous envisagez pour 2012.
Ce recul, historique, est de très mauvais augure pour l’avenir, et c’est un
signal très négatif qui est adressé aux entreprises locales et à
l’emploi.
Manqueriez-vous d’idées ?
N’y a-t-il pas suffisamment de projets en attente ?
Nous avons la chance exceptionnelle de redorer l’image de Clermont à travers la
requalification du site de l’Hôtel Dieu. Nous pourrions en faire le Guggenheim
de Clermont-Ferrand.
Les entreprises du bâtiment et des travaux publics attendent et espèrent.
Les Clermontois se désolent de voir s’installer durablement cette friche dans
le paysage local.
Monsieur le Maire, selon les informations publiées dans le rapport aux
commissions, vous allez procéder entre le 7 et le 10 novembre à l’arbitrage
budgétaire.
Nous vous demandons, dans l’intérêt de Clermont et des Clermontois, en cette
période d’atonie économique, de prendre en compte les recommandations du groupe
UMP et Apparenté qui ne sont pas seulement celles de l’opposition, mais celles
du bon sens et du courage.
Le courage, c’est de ne pas céder à la facilité de l’augmentation des impôts et
de vous attaquer franchement au train de vie de la Municipalité.
Ainsi pourrons nous retrouver un niveau d’investissement ambitieux,
soutenir l’économie locale et préparer l’avenir.